Métiers du spectacle
« C’est un métier qui demande de sortir de sa zone de confort »
Vous souhaitez découvrir le métier de costumier ? Namiko Kobayashi, costumière depuis huit ans nous partage son parcours et délivre ses conseils pour débuter sa carrière.

Quel a été votre parcours ?
« Je vis à Lille depuis quatre ans et j’ai commencé ma carrière à Paris, un peu par hasard, grâce à un ami qui travaillait dans le théâtre. Un jour, il m’a proposé de rejoindre une compagnie de théâtre qui cherchait une costumière. À l’époque, je ne connaissais absolument pas ce milieu. Les administratrices de la compagnie m’ont proposé de partir en résidence de création artistique à Poitiers, et à mon retour, j’ai réalisé que j’aimais énormément ce métier et que j’avais envie d’aller plus loin. »
À quoi ressemble une journée type ?
« Cela dépend beaucoup du milieu. Au théâtre ou à l'opéra, on commence par une phase de préparation : moodboards, propositions de costumes, échanges avec le metteur en scène. Une fois les choix validés, on passe aux achats ou à la création, puis à la préparation du spectacle et à la gestion des changements rapides en coulisses. En audiovisuel, le processus est similaire, mais on ajoute le dépouillement du scénario : analyser chaque tenue, chaque changement, pour éviter les faux raccords. Les costumes doivent être cohérents avec les décors, la lumière, les couleurs de l’image, et même les contraintes techniques de son comme le positionnement des micros pour éviter les frottements. »
Avez-vous rencontré des difficultés et, si oui, avez-vous réussi à les surmonter ?
« Oui, par exemple la communication artistique. Créer une vision commune avec un réalisateur n’est pas toujours évident. Il faut réussir à comprendre ce qu’il a en tête, parfois très précisément, et le traduire en costumes. Ce travail de compréhension et d’échange peut être complexe, surtout au début.
Avec beaucoup de travail et de persévérance, j’ai réussi à les surmonter. Les premiers tournages ont été très difficiles. Il faut du temps pour trouver sa place. Mais tant qu’on aime ce métier, il ne faut pas lâcher. Il faut accepter de tomber au début pour mieux rebondir ensuite. »
Comment France Travail vous a accompagné ?
« En arrivant dans les Hauts-de-France, j’ai découvert l’agence TOTEM qui est en charge de l’accompagnement des intermittents du spectacle de la région. Un calendrier clair des tournages est notamment mis à notre disposition, ce qui facilite beaucoup les choses. »
Quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent se lancer ?
« Regarder ce qui se passe dans vos régions, notamment sur les groupes Facebook, qui restent très actifs pour ce milieu. Instagram est aussi utile, pour les clips par exemple. Pour le théâtre, il ne faut pas hésiter à aller directement dans les salles pour se proposer comme habilleur. Il ne faut pas avoir un ego mal placé et refuser des projets qui ne nous semblent pas intéressants. On commence forcément quelque part et c’est en travaillant avec des personnes plus expérimentées qu’on apprend. Et puis surtout, il faut développer son réseau ».
Comment faites-vous pour vous créer un réseau ?
« Au début, j’ai déposé une annonce en tant que costumière pour les projets de fin d’études d'étudiants en cinéma et j’ai rapidement été contactée par de jeunes réalisateurs. C’est comme ça que mon réseau s’est construit. Ce sont des compétences qui s’acquièrent avec le temps et la confiance en soi. Ce métier fonctionne énormément au bouche-à-oreille. Des personnes avaient déjà entendu parler de moi, ce qui a facilité de nouvelles collaborations, comme sur la série HPI. À partir du moment où l’on montre ses compétences et qu’on participe à des projets diffusés, notamment en festivals, le réseau se construit naturellement. »
Et avez-vous des conseils à donner pour se créer un réseau ?
« Il faut faire des stages pour se faire la main et se sentir prêt ensuite pour des projets professionnels. Le métier de costumier est très vaste. Théâtre, publicité, clips, courts et longs métrages… Chaque milieu a son organisation et cette diversité rend très polyvalent. Il faut aussi être curieux, regarder les crédits à la télévision, repérer les productions, les producteurs. Aller dans les théâtres et oser se présenter ! C’est un métier, comme beaucoup d'autres, qui demande de sortir de sa zone de confort. »
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